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Au gré des lectures en lien avec le domaine de l’éducation, de la pédagogie, des sciences de l’information et de la communication, des fiches Prise de notes sont à votre disposition pour vous donner un aperçu du contenu des documents.

Du livre et des écrans : Plaidoyer pour une indispensable complémentarité (prise de notes)

31LR3fiGpJL._SX319_BO1,204,203,200_Précisions : la prise de notes du livre de Serge Tisseron n’est pas exhaustive. Elle correspond à mes besoins d’information en lien avec ma pratique professionnelle et mes centres d’intérêts. N’hésitez pas à lire ce livre !

 

 

Du livre et des écrans :

Plaidoyer pour une indispensable complémentarité

Serge Tisseron

Références

bibliographiques

TISSERON, Serge. Du livre et des écrans : Plaidoyer pour une indispensable complémentarité. Manuccius, mars 2013. 50 p. Coll. Modélisation des imaginaires. ISBN 978-2-84578-152-8

Biographie de l’auteur

source :http://www.sergetisseron.com/biographie/

Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie et psychanalyste, chercheur associé HDR à l’Université Paris VII. Il a réalisé sa thèse de médecine sous la forme d’une bande dessinée (1975), puis découvert le secret de la famille de Hergé uniquement à partir de la lecture des albums de Tintin (1983). Il est l’auteur d’une trentaine d’essais personnels. Il a imaginé en 2007 les repères « 3-6-9-12, pour apprivoiser les écrans », et le « Jeu des Trois Figures » pour développer l’empathie et lutter contre la violence dès l’école maternelle. Il a créé en 2012 le site « memoiredescatastrophes.org, la mémoire de chacun au service de la résilience de tous ». Il est coauteur de l’avis de l’Académie des sciences « L’enfant et les écrans ». Il est aussi photographe et dessinateur.

Contenu

Présentation

  • la chaire de recherche et de formation Modélisations des imaginaires, innovation et création créée fin 2010

⇒ recherche fondamentale et appliquée, expérimentation et formation sur les imaginaires des acteurs engagés dans les processus interdisciplinaires d’innovation et de création et nouvelles formes industrielles.

Introduction :

  • depuis dvp imprimerie, la civilisation occidentale vivait dans une culture du livre (sans le savoir). Imprégnation tellement importante que confusion avec la nature humaine.

⇒ arrivée technologies numériques montre qu’il existe une autre relation possible à l’identité, au temps, aux autres, à l’espace…

⇒ apprendre à voir le monde autrement

⇒ les 2 cultures : témoins et relais des capacités humaines (pensée narrative et pensée spatialisée)

1/ Rêvasser, rêver, imaginer, virtualiser : il était une fois quatre employés

2/ Pouvoirs et usages du virtuel numérique

3/ L’imaginaire répulsif des écrans

  • arrivée Internet : fin de l’illusion parentale (1970/2000)

⇒ élever les enfants en les protégeant de tous les dangers du monde et en les contrôlant.

  • 9 lieux communs/idées reçues concernant Internet, Facebook et les jeux.

4/ Culture du livre et des écrans : l’indispensable complémentarité

  • le rapport au texte et à l’image mobilise des fonctionnements cognitifs et psychologiques différents
  • l’invention de l’imprimerie a accentué/développé le rapport au texte (+ processus mentaux liés).
  • Rappel : les 1ères inventions liées au écrans se sont organisées autour des repères du livre contrairement au numérique.
  • Au début opposition culture du livre / culture des écrans mais aujourd’hui le numérique intègre progressivement les repères du livre. Rupture à la fois culturelle, cognitive et psychologique.

⇒ émergence d’une culture par les écrans

  • on parle de modèle non de support !

Bouleversement culturel

  • culture DU livre : culture du singulier, conception verticale du savoir inséparable d’un travail parfait, définitif.
  • Culture DES écrans : culture du multiple, relation horizontale du savoir, culture multitâche, rapport au temps et espace modifié.

Bouleversement cognitif

  • culture du livre : pensée linéaire, organisée autour de relations de temporalité et de causalité

⇒ encourage la mémoire événementielle et l’ancrage dans le temps, support d’apprentissage par cœur

  • culture des écrans : pensée en réseau ou circulaire, spatialisation des connaissances, encourage la mémoire de travail (def p.43), encourage innovation / capacité de s’ajuster aux changements

Bouleversement psychologique

  • culture du livre : valorisation de l’identité unique de l’individu (devient un invariant)
  • culture des écrans : identité se multiplie (tributaire des interactions entre un groupe de personnes). Avoir plusieurs identités ne signifie pas pour autant avoir plusieurs personnalités.Valorisation des formes non verbales de la symbolisation et de la communication.

Conclusion

  • Et l’avenir ? Le règne du métissage et la culture par les écrans.

citation(s)

N° de page / localisation

Il nous faut relativiser tout ce que nous tenions pour absolu et apprendre à naviguer entre la culture du livre et celle des écrans.

p.9

Avoir plusieurs identités ne signifie pas pour autant avoir plusieurs personnalités.

p.44

Mots-clés :

écran, Internet, mémoire de travail, mémoire événementielle, identité numérique, intelligence spatialisée, intelligence narrative, culture du livre, culture des écrans, culture par les écrans

Apprendre à lire : Des sciences cognitives à la salle de classe (prise de notes)

Papprendre à lirerécisions : la prise de notes du livre de Stanislas Dehaene n’est pas exhaustive. Elle correspond à mes besoins d’information en lien avec ma pratique professionnelle et mes centres d’intérêts. N’hésitez pas à lire ce livre !

Apprendre à lire : Des sciences cognitives à la salle de classe

Stanilas Dehaene

Références

bibliographiques

DEHAENE, Stanislas (Dir.) ; DEHAENE-LAMBERTZ, Ghislaine ; GENTAZ, Edouard, HURON, Caroline ; SPRENGER-CAROLLE, Liliane. Apprendre lire : Des sciences cognitives à la salle de classe. Odile Jacob, août 2011. 155 p. Coll. Sciences. ISBN 978-2738126801

Biographie de l’auteursource :http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/biographie__1.htm

Stanislas Dehaene est ancien élève de l’École normale supérieure et docteur en psychologie cognitive. En septembre 2005, il a été nommé professeur au Collège de France, sur la chaire nouvellement créée de Psychologie Cognitive Expérimentale, après avoir occupé pendant près de dix ans la fonction de directeur de recherches à l’INSERM. Ses recherches visent à élucider les bases cérébrales des opérations les plus fondamentales du cerveau humain : lecture, calcul, raisonnement, prise de conscience. Ses travaux ont été récompensés par plusieurs prix et subventions, dont le prix Louis D. de la Fondation de France (avec D. Le Bihan), le prix Jean-Louis Signoret de la fondation IPSEN et la centennial fellowship de la fondation américaine McDonnell. 

Contenu

Commentaires

Introduction :

  • depuis 20 ans progrès de la recherche scientifique sur le cerveau et la lecture

⇒ science de la lecture maîtrisée mais pb les recherches sont méconnues par les parents et les enseignants.

  • Enseignants : expert de la dynamique de la salle de classe mais doivent devenir des experts de la dynamique cérébrale.

⇒ nécessité pour eux de connaître : les lois de la pensée en développement / les principes de l’attention et de la mémoire

1/ Comment le cerveau apprend-il à lire ?

1.1. Qu’est-ce-que l’écriture ?

  • Fixer la parole sur un support permanent. L’écriture est comme un code secret dont le décryptage doit s’apprendre.

⇒ un bon lecteur est un décrypteur expert.

  • Chaque écriture du monde crypte les éléments de son langage parlé.
  • Exemple pour un mot écrit en français : chaque lettre ou groupe de lettres (graphème) correspond un phonème du langage parlé. Attention pas forcément de régularité dans notre langue.

⇒ pour un enfant français : apprendre à lire consiste à retenir les associations de graphème/phonème + les exceptions et mots irréguliers.

⇒ ttes les écritures du monde font appel aux 2 voies de la lecture : le passage de l’écrit au son / le passage de l’écrit au sens.

  • A retenir p. 20

1.2. Comment fonctionne le cerveau avant la lecture

  • lire n’est pas une activité naturelle
  • écriture : invention trop récente dans l’histoire de l’humanité pour transformer l’évolution du cerveau humain (patrimoine génétique n’a pas les instructions et les circuits dédiés à la lecture)

⇒ acquisition de la lecture est une activité artificielle et difficile contrairement à l’acquisition du langage.

  • Apprendre à lire : prendre conscience des structures du langage oral afin de les mettre en rapport avec le code visuel des lettres.
  • A retenir p. 26

1.3. Une région du cerveau se spécialise pour les mots écrits

  • stade enfance : système visuel organisé et connecté aux aires cérébrales du langage. Attention : lire un mot n’est pas reconnaître un objet ! Nécessité d’un traitement spécialisé pour décrypter les mots écrits.

⇒ spécialiser une zone du cerveau

  • Principal changement : l’hémisphère gauche pour développer l’aire de la forme visuelle des mots. Plus on sait lire/plus on lit, plus elle répond. Nécessité de réorienter cette aire de reconnaissance des formes vers les lettres et leur combinaison.

⇒ théorie du recyclage neuronal

1.4. Quelles sont les autres différences entre un lettré et un illettré

  • la comparaison d’un cerveau d’illettré et de lettré met en évidence la modification de l’anatomie et de l’activité cérébrale tout au long de la chaîne de la vision du langage parlé.

⇒ lire demande d’extraire des infos visuelles de haute précision

⇒ un lecteur expert : raffinement de la précision visuelle

  • lire demande aussi de recoder les sons du langage (rôle du planum temporale)
  • A retenir p. 35

1.5. Prendre conscience des phonèmes

⇒ la conscience phonémique : étape clé sur le chemin de la lecture

⇒ l’attention sélective est l’une des fonctions cérébrales les + fondamentales nécessaire à la lecture.

⇒ entraîner l’attention vers les phonèmes prépare efficacement à la lecture.

1.6. Le code visuel des lettres et des graphèmes

  • expérimentation pédagogique : enfant à qui on enseigne explicitement à quelles lettres correspond quels sons apprend + vite à lire et comprend mieux l’écrit.
  • Importance de l’attention de lecture (variation de l’apprentissage en fonction de l’attention globale ou focale).

1.7. Le stade du miroir et le rôle des gestes

  • l’enseignement de la lecture se heurte au recyclage neuronal.
  • rappel : région visuelle / rôle de la symétrie / objet en miroir cette propriété est un désavantage dans l’apprentissage de la lecture.

⇒ nécessité de désapprendre la ressemblance en miroir

⇒ rôle crucial de l’écriture pour cet apprentissage (la voie dorsale reliant vision au cortex moteur distingue précocement l’orientation des objets)

⇒ apprendre à écrire développe nos capacités de lecture (accélération de l’apprentissage de la lecture)

1.8. Devenir un lecteur rapide

  • lecteur débutant : activité cérébrale nécessite un réseau cérébral + étendu que chez un lecteur expert.

⇒ utilisation de régions associées aux mouvements des yeux + processus génériques de la mémoire et de l’attention

⇒ indispensable d’automatiser la lecture pour – mobiliser les régions cérébrales.

  • Un lecteur expert met le même temps pour lire un mot de 3 lettres qu’un mot de 8 lettres. Avec automatisation, d’autres facteurs influencent la lecture (ex : reconnaissance des mots fréquents). Dvp de la seconde voie de la lecture : passer directement de la chaîne des lettres au sens du mot.

1.9. Et la dyslexie

  • maladie où des amas de neurones ont mal migré et se concentrent dans les aires du langage parlé.

⇒ anomalie du code phonologique empêchant la lecture de se développer normalement dans les aires visuelles du cerveau.

  • Apprentissage précoce et intensif permet de compenser une grande partie de ce déficit (attention exclure auparavant pb visuel ou auditif)

1.10. La lecture en milieu défavorisé

  • retard de lecture (24 % en milieu défavorisé).
  • Les facteurs : vocabulaire oral + restreint, compétences réduites dans le domaine de la phonologie, contact avec la langue française + tardif, cumul parfois avec profil génétique à risques de troubles de la lecture (compensé + tardivement que dans un milieu favorisé)
  • 2 indices associés à de meilleurs scores de lecture : niveau d’éducation de la maman et nbre de livres à la maison

2/ Les grands principes de l’enseignement de la lecture

Il ne s’agit pas de donner une méthode scientifique de lecture mais de dresser une liste des principes éducatifs.

2.1. Principes d’enseignement explicite du code alphabétique

  • correspondance graphème-phonème
  • combinatoire des lettres ou des graphèmes
  • mobilité des lettres ou des graphèmes
  • correspondance spatio-temporelle
  • discriminatoire en miroir

2.2. Principes de progression rationnelle

  • régularité des relations graphème-phonème
  • fréquence des graphèmes et des phonèmes
  • facilité de prononciation des consonnes isolées
  • complexité de la structure syllabique
  • inséparabilité des graphèmes complexes
  • lettre muette
  • fréquence des mots
  • rôle des morphèmes

2.3. Principes d’apprentissage actif associant lecture et écriture

2.4. Principe de transfert de l’explicite vers l’implicite

  • Transfert de la mémoire explicite (décodage des mots) vers la mémoire implicite (connaissance des mots) joue un rôle essentiel car il libère l’esprit de l’enfant

⇒ lecture fluide permet de se concentrer sur le sens du texte.

2.5. Principe de choix rationnel des exemples et des exercices

2.6. Principe d’engagement actif, d’attention et de plaisir

  • engagement actif de l’enfant = apprentissage + efficace si l’enfant est sollicité. Rappel : si l’enfant reçoit un retour immédiat sur la pertinence de sa réponse, il peut utiliser le signal d’erreur pour se corriger et progresser.
  • L’attention accélère l’apprentissage !

⇒ apprendre, c’est aussi apprendre à faire attention

  • plaisir : apprentissage facilité lorsque l’enfant est récompensé de ses efforts.

3/ L’éducation fondée sur la preuve

  • Rappel : ttes ses règles pédagogiques ne sont que des hypothèses de travail

⇒ seule l’expérimentation peut les valider ou les réfuter

3.1. L’importance de l’expérimentation

  • vérifier empiriquement que le principe éducatif fonctionne en pratique.

⇒ Rappel : seule la comparaison rigoureuse de 2 groupes d’enfants dont l’enseignement ne diffère que sur un seul point permet de certifier que ce facteur a un impact sur l’apprentissage

  • concept depuis 2 ans : éducation fondée sur la preuve (cf protocole)
  • informatique : logiciel de jeu d’action pour activer le réseau cérébral de la lecture (Graphogame)

3.2. Du laboratoire à l’école

  • difficile de passer du laboratoire à la salle de classe (cf expérience 2010-2011)
  • variable clé qui semble déterminer réussite ou échec d’une intervention est la formation des professeurs des écoles. (cf formation intense, collégiale et responsable reçue par les instituteurs finlandais)
  • expérimentation à grande échelle de la Literacy Hour (programme de réforme de l’enseignement de la lecture à l’école primaire en Grande-Bretagne)

Conclusion

  • science de la lecture solide + principes pédagogiques qui en découlent sont connus

⇒ seule mise en application dans la classe demande un effort important.

  • Possibilité de progrès considérables à un coût très faible si mobilisation du corps éducatif.
Liste des figures intéressantes

figure 4 : aires du langage dans le cerveau (p.23)

figure 5 : cerveau d’une personne alphabétisée (p.29)

figure 10 : l’effet miroir (p.45)

figure 11 : reconnaissance des lettres (lecteur débutant et expert) (p.51)

figure 20 : jeu Graphogame (p.107)

 

Article à lire :

  • Entre orthodoxie et pluralisme, les enjeux de l’éducation basée sur la preuve

http://www.cairn.info/revue-francaise-de-pedagogie-2009-3-p-111.htm#anchor_plan

  • Graphogame

http://info.graphogame.com/

  • Heikki Lyytinen

http://www.cairn.info/publications-de-Lyytinen-Heikki–10158.htm

citation(s)

N° de page / localisation

Abandonner la lecture globale et prêter attention aux composants élémentaires des mots, un par un, dans un ordre précis, est une étape essentielle de l’apprentissage.

p.43

L’automatisation de la lecture est donc un objectif essentiel de l’apprentissage. Elle seule permet de libérer les aires génériques du cortex afin de les utiliser pour d’autres activités.

p.49

L’enseignant doit proposer un contexte motivant qui fasse que l’enfant soit actif, trouve du plaisir à apprendre, se sente autorisé à faire des erreurs, mais soit rapidement corrigé et récompensé de ses efforts.

p.96

Mots-clés :

l’attention, lecture, mémoire, codage, automatisation de la lecture, pédagogie, protocole de recherche, cerveau, processus cognitif, recyclage neuronal, éducation fondée sur la preuve (evidence-based education)

3-6-9-12 : Apprivoiser les écrans (prise de notes)

3-6-9-12 tisseronPrécisions : la prise de notes du livre de Serge Tisseron n’est pas exhaustive. Elle correspond à mes besoins d’information en lien avec ma pratique professionnelle et mes centres d’intérêts. N’hésitez pas à lire ce livre !

3-6-9-12 : Apprivoiser les écrans

Serge Tisseron

Références bibliographiques

TISSERON, Serge. 3- 6- 9-12 : Apprivoiser les écrans et grandir. Erès, octobre 2013. 136 p. Coll 1001 et + . ISBN 978-2749238975

Biographie de l’auteur / source :http://www.sergetisseron.com/biographie/

Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie et psychanalyste, chercheur associé HDR à l’Université Paris VII. Il a réalisé sa thèse de médecine sous la forme d’une bande dessinée (1975), puis découvert le secret de la famille de Hergé uniquement à partir de la lecture des albums de Tintin (1983). Il est l’auteur d’une trentaine d’essais personnels. Il a imaginé en 2007 les repères « 3-6-9-12, pour apprivoiser les écrans », et le « Jeu des Trois Figures » pour développer l’empathie et lutter contre la violence dès l’école maternelle. Il a créé en 2012 le site « memoiredescatastrophes.org, la mémoire de chacun au service de la résilience de tous ». Il est coauteur de l’avis de l’Académie des sciences « L’enfant et les écrans ». Il est aussi photographe et dessinateur.

 

Contenu

Commentaires

Introduction :

  • 3-6-9-12 : 4 étapes essentielles de l’enfance + repères pour l’intégration des écrans ( = outils)
  • Pb des écrans ne concerne pas uniquement la sphère individuelle, familiale mais a aussi une dimension sociétale.
  • Utilisation du terme repérage au lieu de repère

1/ Pourquoi les campagnes contre les dangers des écrans sont-elles sans effets ?

  • Difficulté à définir une consommation excessive
  • + un rapport entre âge/usage que durée devant écran
  • consommation d’écran de + en + plus solitaire (rapport Insee mars 2013)

1.1. Trop d’écrans ou … trop de souffrances à oublier ?

  • 2 raisons pour expliquer que la consommation ne baisse pas malgré les campagnes de prévention (enjeux commerciaux + écran utilisé pour oublier difficultés et souffrances quotidiennes).
  • Citation Alain Ehrenberg sur le changement de l’employé (du travailleur qualifié au travailler compétent)
  • corrélation entre consommation excessive d’écran / obésité / troubles scolaires (études nord américaines)
  • rôle et impact de la démission parentale

1.2. Encourager les bonnes pratiques

  • Avis Académie des sciences janvier 2013
  • 3 conseils : apprentissage de l’autorégulation, pratique de l’alternance, accompagnement (intelligence spatialisée et intelligence narrative)

⇒ être capable de passer de la pensée spatialisée propre aux écrans à la pensée linéaire du langage parlé ou écrit.

⇒ donner de la signification

1.3. Ce que les écrans n’apportent pas

  • nécessité de l’apprentissage du « temps » pour l’enfant avec des repères dans un environnement stable et récurrent.
  • Rôle de l’école dans cet apprentissage

1.4. Nous ne transformerons notre relation aux écrans que tous ensemble

2/ 3-6-9-12, l’état des savoirs

2.1. Avant 3 ans : l’enfant a besoin de construire ses repères spatiaux et temporels

  • Bébé développe sa connaissance du monde et de lui-même grâce à ses actions sur l’environnement (manipulation, utilisation des 5 sens). Nouveaux objets numériques (tablette) peuvent être intégrés dans cette phase d’apprentissage.
  • Aucun intérêt pour le bébé d’utiliser des écrans non interactifs (TV, DVD). Nécessité d’un apprentissage du langage via la relation entre le bébé et le parent (réajustement constant en fonction de l’état psychologique du bébé)
  • influence de la consommation télévisuelle précoce sur la sociabilité et l’impact sur le travail scolaire.

2.2. Entre 3 et 6 ans : l’enfant a besoin de découvrir toutes les possibilités et de confronter sa compréhension du monde à celle des adultes

  • points positifs des écrans interactifs : développer 2 types d’intelligence complémentaire (intuitive = agir pour comprendre / hypothético-déductive = observation, hypothèse, manipulation du réel, observation)
  • points négatifs : l’abus de télé tue la créativité, caractère traumatique des écrans, importance des activités engageant les 10 doigts pour développer l’habileté motrice permettant la maturation des régions cérébrales concernées

2.3. Entre 6 et ans : l’enfant a besoin de découvrir les règles du jeu social

  • points positifs : développer les différentes formes d’intelligence, préparer l’enfant à la société de l’information.
  • points négatifs : beaucoup de violence via les écrans (dvper le dialogue avec la famille, donner du sens, dvp compassion et solidarité). Internet brouille les repères concernant la distinction espace privé/espace public et la notion de point de vue.

2.4. Entre 9 et 12 ans : l’enfant a besoin d’explorer la complexité du monde

  • points positifs : préférer jeux joués à plusieurs dans une même pièce, dvper activités créatrices
  • points négatifs : le danger d’y consacrer trop de temps + violence sur les écrans

2.5. Après 12 ans : l’enfant s’affranchit des repères familiaux

  • points positifs : âge des réseaux sociaux (nouvel espace d’expérimentation sociale)
  • points négatifs : influence des images violentes, utilisation excessive. Attention : Faire la différence entre les usages passionnels qui enrichissent la vie et les usages pathologiques qui l’appauvrissent.

3/ 3-6-9-12, une feuille de route adaptée à chaque âge

  • def éducation
  • nécessité de poser les bases d’un débat collectif sur la place des écrans dans les familles (1821 le livre est la bête noire des parents et des pédagogues / avant 1960 culture des terrains vagues / 1970-2000 invention de la chambre d’enfant / Internet culture de la chambre ouverte sur le vaste monde)

3.1 à 3.2 Feuille de route (avant 3 ans à 6 ans)

3.3 Entre 6 et 9 ans

  • pas de TV ni de PC dans la chambre
  • établir règles sur les temps de jeux/d’écran
  • se familiariser avec jeux vidéos, films des enfants pour pouvoir échanger
  • W sur l’image (droit à l’image)
  • parler de la pub, effets des images sur notre choix, quel modèle économique derrière le gratuit

3.4 Entre 9 et 12 ans

  • déterminer à quel âge l’enfant a un mobile
  • définir les règles d’usage
  • continuer à poser les limites de la consommation d’écran
  • échanges sur ce que l’enfant a vu (raconter = construction narrative)
  • rappel concernant Internet

4/ Facebook : Quand les parents ont (presque) tout faux

5/ Du bon usage des réseaux

  • le désir d’extimité (rendre public certains éléments de sa vie intime afin de les valoriser par les commentaires)

5.1 La mise en scène de soi sur Internet

5.2 Pourquoi attendre le collège

5.3 Utiliser les réseaux sociaux en institutions éducatives

6/ La quadruple révolution des technologies numériques

  • vain débat opposant création numérique au livre et à l’écriture
  • écriture a perdu sa suprématie comme vecteur principal de la pensée et de la communication au profit d’un autre vecteur : les écrans

⇒la culture du livre est relativisée mais pas minimisée. Rappel : le rapport au texte et à l’image mobilise des fonctionnements cognitifs et psychologiques différents et complémentaires.

⇒2 manières de penser

6.1. Une révolution dans la relation aux savoirs-faire

  • culture du livre est une culture du singulier / culture des écrans est une culture du multiple
  • culture du livre est une conception verticale du savoir / culture des écrans est une relation horizontale au savoir

6.2. Une révolution dans la relation aux apprentissages

  • culture du livre induit un modèle linéaire, organisé autour de relations de temporalité et de causalité (mémoire événementielle et ancrage dans le temps)
  • culture des écrans favorise une pensée non linéaire en réseau ou circulaire. Encourage innovation en rompant avec les habitudes mentales.
  • mémoire événementielle (livre est un support d’apprentissage par cœur car nécessité de se rappeler ce qu’on a lu avant) / mémoire de travail (maintenir, manipuler des infos et des instructions).

6.3. Une révolution psychologique

  • le rapport de chacun avec son identité
  • le mécanisme défensif
  • la valorisation des formes non verbales de représentation du monde

6.4. Une révolution des liens et de la sociabilité

  • liens forts / liens faibles
  • culture du livre = reconnaissance par les diplômes / culture des écrans = reconnaissance par les pairs.

6.5 L’indispensable complémentarité

  • Les 2 cultures font appel à un mode de fonctionnement cérébral et psychique distinct

⇒ l’être humain peut aller plus vite !

  • La complémentarité permet de tempérer les dangers de chaque culture.

⇒ Culture numérique : dispersion de l’attention et développement de la pensée zapping. Dans le domaine de l’apprentissage : risque de développer une forme d’intelligence permettant de réussir sans comprendre

⇒ culture du livre : dans la relation au savoir, risque de l’ultraspécialisation. Dans le domaine de l’apprentissage : réduction des compétences aux apprentissages du « par cœur ». Importance de l’obéissance au détriment de la créativité.

7/ 3-6-9-12 l’école, les collectivités publiques et le monde associatif

  • apprendre le faire semblant
  • initier à la logique des écrans : influence des écrans sur les enfants, droits et devoirs sur Internet, modèles informatiques et économiques du Net, identité numérique (identité connectée, traces volontaires, traces involontaires, traces héritées)
  • jouer avec des identités multiples
  • valoriser le travail collectif et la copensée
  • passer de l’apprentissage intuitif à leur explicitation (valorisation du tutotat)
  • encourager et valoriser les pratiques créatrices (des images pour se construire)
  • construire le cours comme une succession de moments (pas certains que les ados aient + de difficultés de concentration)
  • rendre aux enfants le désir et la liberté d’être des spectateurs actifs

Conclusion

  • technologies numériques doivent être considérées comme de nouveaux outils qui diversifient nos possibilités
  • 2 conseils : livre conçu par les humains avant les écrans. Celui qui n’a pas intégré les repères spatiaux et temporels court le + grand risque de se perdre dans les écrans. Formidable pouvoir de création des médias numériques
  • Rapport Insee mars 2013

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1437#sommaire

 

  • Avis académie des sciences de janvier 2013

http://www.academie-sciences.fr/presse/communique/avis_220113.pdf

citation(s)

N° de page / localisation

Annah Arendt : C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-même, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun.

ARENDT, Anna. La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972 p.251

C’est en se racontant qu’on construit son identité.

p. 23

L’éducation ne consiste pas à protéger et à guider un enfant, mais à lui apprendre, progressivement à s’autoprotéger et à s’autodiriger.

p.39

Mots-clés :

éducation, écran, Internet, Facebook, extimité, estime de soi, mémoire de travail, mémoire événementielle, dispersion de l’attention, identité numérique, droit à l’image, intelligence spatialisée, intelligence narrative, culture du livre, culture des écrans, culture numérique