Archives de catégorie : Recherche-Action

Articles, réflexions, pistes de lecture en lien avec les thématiques suivantes : les sciences de l’information et de la communication, l’acte de lire, la lecture numérique, l’attention, la méthodologie, la culture par les écrans…

Apprendre à lire : Des sciences cognitives à la salle de classe (prise de notes)

Papprendre à lirerécisions : la prise de notes du livre de Stanislas Dehaene n’est pas exhaustive. Elle correspond à mes besoins d’information en lien avec ma pratique professionnelle et mes centres d’intérêts. N’hésitez pas à lire ce livre !

Apprendre à lire : Des sciences cognitives à la salle de classe

Stanilas Dehaene

Références

bibliographiques

DEHAENE, Stanislas (Dir.) ; DEHAENE-LAMBERTZ, Ghislaine ; GENTAZ, Edouard, HURON, Caroline ; SPRENGER-CAROLLE, Liliane. Apprendre lire : Des sciences cognitives à la salle de classe. Odile Jacob, août 2011. 155 p. Coll. Sciences. ISBN 978-2738126801

Biographie de l’auteursource :http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/biographie__1.htm

Stanislas Dehaene est ancien élève de l’École normale supérieure et docteur en psychologie cognitive. En septembre 2005, il a été nommé professeur au Collège de France, sur la chaire nouvellement créée de Psychologie Cognitive Expérimentale, après avoir occupé pendant près de dix ans la fonction de directeur de recherches à l’INSERM. Ses recherches visent à élucider les bases cérébrales des opérations les plus fondamentales du cerveau humain : lecture, calcul, raisonnement, prise de conscience. Ses travaux ont été récompensés par plusieurs prix et subventions, dont le prix Louis D. de la Fondation de France (avec D. Le Bihan), le prix Jean-Louis Signoret de la fondation IPSEN et la centennial fellowship de la fondation américaine McDonnell. 

Contenu

Commentaires

Introduction :

  • depuis 20 ans progrès de la recherche scientifique sur le cerveau et la lecture

⇒ science de la lecture maîtrisée mais pb les recherches sont méconnues par les parents et les enseignants.

  • Enseignants : expert de la dynamique de la salle de classe mais doivent devenir des experts de la dynamique cérébrale.

⇒ nécessité pour eux de connaître : les lois de la pensée en développement / les principes de l’attention et de la mémoire

1/ Comment le cerveau apprend-il à lire ?

1.1. Qu’est-ce-que l’écriture ?

  • Fixer la parole sur un support permanent. L’écriture est comme un code secret dont le décryptage doit s’apprendre.

⇒ un bon lecteur est un décrypteur expert.

  • Chaque écriture du monde crypte les éléments de son langage parlé.
  • Exemple pour un mot écrit en français : chaque lettre ou groupe de lettres (graphème) correspond un phonème du langage parlé. Attention pas forcément de régularité dans notre langue.

⇒ pour un enfant français : apprendre à lire consiste à retenir les associations de graphème/phonème + les exceptions et mots irréguliers.

⇒ ttes les écritures du monde font appel aux 2 voies de la lecture : le passage de l’écrit au son / le passage de l’écrit au sens.

  • A retenir p. 20

1.2. Comment fonctionne le cerveau avant la lecture

  • lire n’est pas une activité naturelle
  • écriture : invention trop récente dans l’histoire de l’humanité pour transformer l’évolution du cerveau humain (patrimoine génétique n’a pas les instructions et les circuits dédiés à la lecture)

⇒ acquisition de la lecture est une activité artificielle et difficile contrairement à l’acquisition du langage.

  • Apprendre à lire : prendre conscience des structures du langage oral afin de les mettre en rapport avec le code visuel des lettres.
  • A retenir p. 26

1.3. Une région du cerveau se spécialise pour les mots écrits

  • stade enfance : système visuel organisé et connecté aux aires cérébrales du langage. Attention : lire un mot n’est pas reconnaître un objet ! Nécessité d’un traitement spécialisé pour décrypter les mots écrits.

⇒ spécialiser une zone du cerveau

  • Principal changement : l’hémisphère gauche pour développer l’aire de la forme visuelle des mots. Plus on sait lire/plus on lit, plus elle répond. Nécessité de réorienter cette aire de reconnaissance des formes vers les lettres et leur combinaison.

⇒ théorie du recyclage neuronal

1.4. Quelles sont les autres différences entre un lettré et un illettré

  • la comparaison d’un cerveau d’illettré et de lettré met en évidence la modification de l’anatomie et de l’activité cérébrale tout au long de la chaîne de la vision du langage parlé.

⇒ lire demande d’extraire des infos visuelles de haute précision

⇒ un lecteur expert : raffinement de la précision visuelle

  • lire demande aussi de recoder les sons du langage (rôle du planum temporale)
  • A retenir p. 35

1.5. Prendre conscience des phonèmes

⇒ la conscience phonémique : étape clé sur le chemin de la lecture

⇒ l’attention sélective est l’une des fonctions cérébrales les + fondamentales nécessaire à la lecture.

⇒ entraîner l’attention vers les phonèmes prépare efficacement à la lecture.

1.6. Le code visuel des lettres et des graphèmes

  • expérimentation pédagogique : enfant à qui on enseigne explicitement à quelles lettres correspond quels sons apprend + vite à lire et comprend mieux l’écrit.
  • Importance de l’attention de lecture (variation de l’apprentissage en fonction de l’attention globale ou focale).

1.7. Le stade du miroir et le rôle des gestes

  • l’enseignement de la lecture se heurte au recyclage neuronal.
  • rappel : région visuelle / rôle de la symétrie / objet en miroir cette propriété est un désavantage dans l’apprentissage de la lecture.

⇒ nécessité de désapprendre la ressemblance en miroir

⇒ rôle crucial de l’écriture pour cet apprentissage (la voie dorsale reliant vision au cortex moteur distingue précocement l’orientation des objets)

⇒ apprendre à écrire développe nos capacités de lecture (accélération de l’apprentissage de la lecture)

1.8. Devenir un lecteur rapide

  • lecteur débutant : activité cérébrale nécessite un réseau cérébral + étendu que chez un lecteur expert.

⇒ utilisation de régions associées aux mouvements des yeux + processus génériques de la mémoire et de l’attention

⇒ indispensable d’automatiser la lecture pour – mobiliser les régions cérébrales.

  • Un lecteur expert met le même temps pour lire un mot de 3 lettres qu’un mot de 8 lettres. Avec automatisation, d’autres facteurs influencent la lecture (ex : reconnaissance des mots fréquents). Dvp de la seconde voie de la lecture : passer directement de la chaîne des lettres au sens du mot.

1.9. Et la dyslexie

  • maladie où des amas de neurones ont mal migré et se concentrent dans les aires du langage parlé.

⇒ anomalie du code phonologique empêchant la lecture de se développer normalement dans les aires visuelles du cerveau.

  • Apprentissage précoce et intensif permet de compenser une grande partie de ce déficit (attention exclure auparavant pb visuel ou auditif)

1.10. La lecture en milieu défavorisé

  • retard de lecture (24 % en milieu défavorisé).
  • Les facteurs : vocabulaire oral + restreint, compétences réduites dans le domaine de la phonologie, contact avec la langue française + tardif, cumul parfois avec profil génétique à risques de troubles de la lecture (compensé + tardivement que dans un milieu favorisé)
  • 2 indices associés à de meilleurs scores de lecture : niveau d’éducation de la maman et nbre de livres à la maison

2/ Les grands principes de l’enseignement de la lecture

Il ne s’agit pas de donner une méthode scientifique de lecture mais de dresser une liste des principes éducatifs.

2.1. Principes d’enseignement explicite du code alphabétique

  • correspondance graphème-phonème
  • combinatoire des lettres ou des graphèmes
  • mobilité des lettres ou des graphèmes
  • correspondance spatio-temporelle
  • discriminatoire en miroir

2.2. Principes de progression rationnelle

  • régularité des relations graphème-phonème
  • fréquence des graphèmes et des phonèmes
  • facilité de prononciation des consonnes isolées
  • complexité de la structure syllabique
  • inséparabilité des graphèmes complexes
  • lettre muette
  • fréquence des mots
  • rôle des morphèmes

2.3. Principes d’apprentissage actif associant lecture et écriture

2.4. Principe de transfert de l’explicite vers l’implicite

  • Transfert de la mémoire explicite (décodage des mots) vers la mémoire implicite (connaissance des mots) joue un rôle essentiel car il libère l’esprit de l’enfant

⇒ lecture fluide permet de se concentrer sur le sens du texte.

2.5. Principe de choix rationnel des exemples et des exercices

2.6. Principe d’engagement actif, d’attention et de plaisir

  • engagement actif de l’enfant = apprentissage + efficace si l’enfant est sollicité. Rappel : si l’enfant reçoit un retour immédiat sur la pertinence de sa réponse, il peut utiliser le signal d’erreur pour se corriger et progresser.
  • L’attention accélère l’apprentissage !

⇒ apprendre, c’est aussi apprendre à faire attention

  • plaisir : apprentissage facilité lorsque l’enfant est récompensé de ses efforts.

3/ L’éducation fondée sur la preuve

  • Rappel : ttes ses règles pédagogiques ne sont que des hypothèses de travail

⇒ seule l’expérimentation peut les valider ou les réfuter

3.1. L’importance de l’expérimentation

  • vérifier empiriquement que le principe éducatif fonctionne en pratique.

⇒ Rappel : seule la comparaison rigoureuse de 2 groupes d’enfants dont l’enseignement ne diffère que sur un seul point permet de certifier que ce facteur a un impact sur l’apprentissage

  • concept depuis 2 ans : éducation fondée sur la preuve (cf protocole)
  • informatique : logiciel de jeu d’action pour activer le réseau cérébral de la lecture (Graphogame)

3.2. Du laboratoire à l’école

  • difficile de passer du laboratoire à la salle de classe (cf expérience 2010-2011)
  • variable clé qui semble déterminer réussite ou échec d’une intervention est la formation des professeurs des écoles. (cf formation intense, collégiale et responsable reçue par les instituteurs finlandais)
  • expérimentation à grande échelle de la Literacy Hour (programme de réforme de l’enseignement de la lecture à l’école primaire en Grande-Bretagne)

Conclusion

  • science de la lecture solide + principes pédagogiques qui en découlent sont connus

⇒ seule mise en application dans la classe demande un effort important.

  • Possibilité de progrès considérables à un coût très faible si mobilisation du corps éducatif.
Liste des figures intéressantes

figure 4 : aires du langage dans le cerveau (p.23)

figure 5 : cerveau d’une personne alphabétisée (p.29)

figure 10 : l’effet miroir (p.45)

figure 11 : reconnaissance des lettres (lecteur débutant et expert) (p.51)

figure 20 : jeu Graphogame (p.107)

 

Article à lire :

  • Entre orthodoxie et pluralisme, les enjeux de l’éducation basée sur la preuve

http://www.cairn.info/revue-francaise-de-pedagogie-2009-3-p-111.htm#anchor_plan

  • Graphogame

http://info.graphogame.com/

  • Heikki Lyytinen

http://www.cairn.info/publications-de-Lyytinen-Heikki–10158.htm

citation(s)

N° de page / localisation

Abandonner la lecture globale et prêter attention aux composants élémentaires des mots, un par un, dans un ordre précis, est une étape essentielle de l’apprentissage.

p.43

L’automatisation de la lecture est donc un objectif essentiel de l’apprentissage. Elle seule permet de libérer les aires génériques du cortex afin de les utiliser pour d’autres activités.

p.49

L’enseignant doit proposer un contexte motivant qui fasse que l’enfant soit actif, trouve du plaisir à apprendre, se sente autorisé à faire des erreurs, mais soit rapidement corrigé et récompensé de ses efforts.

p.96

Mots-clés :

l’attention, lecture, mémoire, codage, automatisation de la lecture, pédagogie, protocole de recherche, cerveau, processus cognitif, recyclage neuronal, éducation fondée sur la preuve (evidence-based education)

3-6-9-12 : Apprivoiser les écrans (prise de notes)

3-6-9-12 tisseronPrécisions : la prise de notes du livre de Serge Tisseron n’est pas exhaustive. Elle correspond à mes besoins d’information en lien avec ma pratique professionnelle et mes centres d’intérêts. N’hésitez pas à lire ce livre !

3-6-9-12 : Apprivoiser les écrans

Serge Tisseron

Références bibliographiques

TISSERON, Serge. 3- 6- 9-12 : Apprivoiser les écrans et grandir. Erès, octobre 2013. 136 p. Coll 1001 et + . ISBN 978-2749238975

Biographie de l’auteur / source :http://www.sergetisseron.com/biographie/

Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie et psychanalyste, chercheur associé HDR à l’Université Paris VII. Il a réalisé sa thèse de médecine sous la forme d’une bande dessinée (1975), puis découvert le secret de la famille de Hergé uniquement à partir de la lecture des albums de Tintin (1983). Il est l’auteur d’une trentaine d’essais personnels. Il a imaginé en 2007 les repères « 3-6-9-12, pour apprivoiser les écrans », et le « Jeu des Trois Figures » pour développer l’empathie et lutter contre la violence dès l’école maternelle. Il a créé en 2012 le site « memoiredescatastrophes.org, la mémoire de chacun au service de la résilience de tous ». Il est coauteur de l’avis de l’Académie des sciences « L’enfant et les écrans ». Il est aussi photographe et dessinateur.

 

Contenu

Commentaires

Introduction :

  • 3-6-9-12 : 4 étapes essentielles de l’enfance + repères pour l’intégration des écrans ( = outils)
  • Pb des écrans ne concerne pas uniquement la sphère individuelle, familiale mais a aussi une dimension sociétale.
  • Utilisation du terme repérage au lieu de repère

1/ Pourquoi les campagnes contre les dangers des écrans sont-elles sans effets ?

  • Difficulté à définir une consommation excessive
  • + un rapport entre âge/usage que durée devant écran
  • consommation d’écran de + en + plus solitaire (rapport Insee mars 2013)

1.1. Trop d’écrans ou … trop de souffrances à oublier ?

  • 2 raisons pour expliquer que la consommation ne baisse pas malgré les campagnes de prévention (enjeux commerciaux + écran utilisé pour oublier difficultés et souffrances quotidiennes).
  • Citation Alain Ehrenberg sur le changement de l’employé (du travailleur qualifié au travailler compétent)
  • corrélation entre consommation excessive d’écran / obésité / troubles scolaires (études nord américaines)
  • rôle et impact de la démission parentale

1.2. Encourager les bonnes pratiques

  • Avis Académie des sciences janvier 2013
  • 3 conseils : apprentissage de l’autorégulation, pratique de l’alternance, accompagnement (intelligence spatialisée et intelligence narrative)

⇒ être capable de passer de la pensée spatialisée propre aux écrans à la pensée linéaire du langage parlé ou écrit.

⇒ donner de la signification

1.3. Ce que les écrans n’apportent pas

  • nécessité de l’apprentissage du « temps » pour l’enfant avec des repères dans un environnement stable et récurrent.
  • Rôle de l’école dans cet apprentissage

1.4. Nous ne transformerons notre relation aux écrans que tous ensemble

2/ 3-6-9-12, l’état des savoirs

2.1. Avant 3 ans : l’enfant a besoin de construire ses repères spatiaux et temporels

  • Bébé développe sa connaissance du monde et de lui-même grâce à ses actions sur l’environnement (manipulation, utilisation des 5 sens). Nouveaux objets numériques (tablette) peuvent être intégrés dans cette phase d’apprentissage.
  • Aucun intérêt pour le bébé d’utiliser des écrans non interactifs (TV, DVD). Nécessité d’un apprentissage du langage via la relation entre le bébé et le parent (réajustement constant en fonction de l’état psychologique du bébé)
  • influence de la consommation télévisuelle précoce sur la sociabilité et l’impact sur le travail scolaire.

2.2. Entre 3 et 6 ans : l’enfant a besoin de découvrir toutes les possibilités et de confronter sa compréhension du monde à celle des adultes

  • points positifs des écrans interactifs : développer 2 types d’intelligence complémentaire (intuitive = agir pour comprendre / hypothético-déductive = observation, hypothèse, manipulation du réel, observation)
  • points négatifs : l’abus de télé tue la créativité, caractère traumatique des écrans, importance des activités engageant les 10 doigts pour développer l’habileté motrice permettant la maturation des régions cérébrales concernées

2.3. Entre 6 et ans : l’enfant a besoin de découvrir les règles du jeu social

  • points positifs : développer les différentes formes d’intelligence, préparer l’enfant à la société de l’information.
  • points négatifs : beaucoup de violence via les écrans (dvper le dialogue avec la famille, donner du sens, dvp compassion et solidarité). Internet brouille les repères concernant la distinction espace privé/espace public et la notion de point de vue.

2.4. Entre 9 et 12 ans : l’enfant a besoin d’explorer la complexité du monde

  • points positifs : préférer jeux joués à plusieurs dans une même pièce, dvper activités créatrices
  • points négatifs : le danger d’y consacrer trop de temps + violence sur les écrans

2.5. Après 12 ans : l’enfant s’affranchit des repères familiaux

  • points positifs : âge des réseaux sociaux (nouvel espace d’expérimentation sociale)
  • points négatifs : influence des images violentes, utilisation excessive. Attention : Faire la différence entre les usages passionnels qui enrichissent la vie et les usages pathologiques qui l’appauvrissent.

3/ 3-6-9-12, une feuille de route adaptée à chaque âge

  • def éducation
  • nécessité de poser les bases d’un débat collectif sur la place des écrans dans les familles (1821 le livre est la bête noire des parents et des pédagogues / avant 1960 culture des terrains vagues / 1970-2000 invention de la chambre d’enfant / Internet culture de la chambre ouverte sur le vaste monde)

3.1 à 3.2 Feuille de route (avant 3 ans à 6 ans)

3.3 Entre 6 et 9 ans

  • pas de TV ni de PC dans la chambre
  • établir règles sur les temps de jeux/d’écran
  • se familiariser avec jeux vidéos, films des enfants pour pouvoir échanger
  • W sur l’image (droit à l’image)
  • parler de la pub, effets des images sur notre choix, quel modèle économique derrière le gratuit

3.4 Entre 9 et 12 ans

  • déterminer à quel âge l’enfant a un mobile
  • définir les règles d’usage
  • continuer à poser les limites de la consommation d’écran
  • échanges sur ce que l’enfant a vu (raconter = construction narrative)
  • rappel concernant Internet

4/ Facebook : Quand les parents ont (presque) tout faux

5/ Du bon usage des réseaux

  • le désir d’extimité (rendre public certains éléments de sa vie intime afin de les valoriser par les commentaires)

5.1 La mise en scène de soi sur Internet

5.2 Pourquoi attendre le collège

5.3 Utiliser les réseaux sociaux en institutions éducatives

6/ La quadruple révolution des technologies numériques

  • vain débat opposant création numérique au livre et à l’écriture
  • écriture a perdu sa suprématie comme vecteur principal de la pensée et de la communication au profit d’un autre vecteur : les écrans

⇒la culture du livre est relativisée mais pas minimisée. Rappel : le rapport au texte et à l’image mobilise des fonctionnements cognitifs et psychologiques différents et complémentaires.

⇒2 manières de penser

6.1. Une révolution dans la relation aux savoirs-faire

  • culture du livre est une culture du singulier / culture des écrans est une culture du multiple
  • culture du livre est une conception verticale du savoir / culture des écrans est une relation horizontale au savoir

6.2. Une révolution dans la relation aux apprentissages

  • culture du livre induit un modèle linéaire, organisé autour de relations de temporalité et de causalité (mémoire événementielle et ancrage dans le temps)
  • culture des écrans favorise une pensée non linéaire en réseau ou circulaire. Encourage innovation en rompant avec les habitudes mentales.
  • mémoire événementielle (livre est un support d’apprentissage par cœur car nécessité de se rappeler ce qu’on a lu avant) / mémoire de travail (maintenir, manipuler des infos et des instructions).

6.3. Une révolution psychologique

  • le rapport de chacun avec son identité
  • le mécanisme défensif
  • la valorisation des formes non verbales de représentation du monde

6.4. Une révolution des liens et de la sociabilité

  • liens forts / liens faibles
  • culture du livre = reconnaissance par les diplômes / culture des écrans = reconnaissance par les pairs.

6.5 L’indispensable complémentarité

  • Les 2 cultures font appel à un mode de fonctionnement cérébral et psychique distinct

⇒ l’être humain peut aller plus vite !

  • La complémentarité permet de tempérer les dangers de chaque culture.

⇒ Culture numérique : dispersion de l’attention et développement de la pensée zapping. Dans le domaine de l’apprentissage : risque de développer une forme d’intelligence permettant de réussir sans comprendre

⇒ culture du livre : dans la relation au savoir, risque de l’ultraspécialisation. Dans le domaine de l’apprentissage : réduction des compétences aux apprentissages du « par cœur ». Importance de l’obéissance au détriment de la créativité.

7/ 3-6-9-12 l’école, les collectivités publiques et le monde associatif

  • apprendre le faire semblant
  • initier à la logique des écrans : influence des écrans sur les enfants, droits et devoirs sur Internet, modèles informatiques et économiques du Net, identité numérique (identité connectée, traces volontaires, traces involontaires, traces héritées)
  • jouer avec des identités multiples
  • valoriser le travail collectif et la copensée
  • passer de l’apprentissage intuitif à leur explicitation (valorisation du tutotat)
  • encourager et valoriser les pratiques créatrices (des images pour se construire)
  • construire le cours comme une succession de moments (pas certains que les ados aient + de difficultés de concentration)
  • rendre aux enfants le désir et la liberté d’être des spectateurs actifs

Conclusion

  • technologies numériques doivent être considérées comme de nouveaux outils qui diversifient nos possibilités
  • 2 conseils : livre conçu par les humains avant les écrans. Celui qui n’a pas intégré les repères spatiaux et temporels court le + grand risque de se perdre dans les écrans. Formidable pouvoir de création des médias numériques
  • Rapport Insee mars 2013

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1437#sommaire

 

  • Avis académie des sciences de janvier 2013

http://www.academie-sciences.fr/presse/communique/avis_220113.pdf

citation(s)

N° de page / localisation

Annah Arendt : C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-même, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun.

ARENDT, Anna. La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972 p.251

C’est en se racontant qu’on construit son identité.

p. 23

L’éducation ne consiste pas à protéger et à guider un enfant, mais à lui apprendre, progressivement à s’autoprotéger et à s’autodiriger.

p.39

Mots-clés :

éducation, écran, Internet, Facebook, extimité, estime de soi, mémoire de travail, mémoire événementielle, dispersion de l’attention, identité numérique, droit à l’image, intelligence spatialisée, intelligence narrative, culture du livre, culture des écrans, culture numérique

Guide de mise en oeuvre du numérique éducatif par les équipes pédagogiques (académie de Créteil, juin 2014)

guide numérique éducatifCe guide, réalisé par le groupe de pilotage et d’impulsion chargé du numérique éducatif dans l’académie de Créteil, propose 4 jalons pour la mise en oeuvre du numérique éducatif :

  • Intégrer le numérique en équipe et initier aux premières règles du numérique éducatif
  • Utiliser le numérique avec ses élèves en développant des usages collectifs et en les responsabilisant à l’usage des médias numériques
  • Utiliser le numérique avec ses élèves en travaillant de façon interactive et collaborative
  • Enseigner aux élèves à apprendre avec le numérique dans une démarche active, productive et citoyenne

Pour chaque jalon, le guide propose les axes prioritaires, la démarche à mettre en oeuvre et les items correspondants.

Pôle numérique de l’académie de Créteil (2014/06). Guide de mise en oeuvre du numérique éducatif par les équipes pédagogiques [en ligne]. Médiafiches, 2014 (réf. Du 10/07/2015). Disponible sur : http://mediafiches.ac-creteil.fr/spip.php?article332


 

 

Le vidéolivre … prototype proposé par l’IRI (7 novembre 2013)

videolivreLe vidéolivre propose de naviguer dans la vidéo par différentes méthodes (table des matières, index ou les mots-clés souhaités) avec une représentation graphique et temporelle. Au premier abord, la présentation du vidéolivre semble complexe mais après quelques minutes de prise et main et de navigation, le lecteur découvre les possibilités offertes pour trouver rapidement un extrait ou des extraits correspondant à son besoin d’information.

Plus de détail sur le site digital-studies.org


 

Colloque : La maîtrise des écrans (30 avril 2014)

edupaxLors de l’ouverture de ce colloque, le philosophe Bernard Stiegler évoque la nécessité pour le jeune enfant de passer de l’identification primaire à celle secondaire (via la socialisation). Il est fondamental d’effectuer une critique des ordinateurs car le cerveau de l’enfant et de l’adulte est toujours perpétuellement en train de se réorganiser en fonction des médias. Il rappelle aussi l’enjeu de la captation de l’attention par certains médias. Continuer la lecture de Colloque : La maîtrise des écrans (30 avril 2014)

Diconum : Glossaire vidéo sur la culture numérique

Dans le cadre du management du numérique éducatif à destination des cadres de l’Education nationale, quatre spécialistes (Jean-François Cerisier, Christophe Deshayes, David Fayon et Louise Merzeau) vous proposent des définitions, à travers de courtes vidéos, en lien avec la culture numérique : fracture numérique, identité numérique, mémoire et oubli, sérendipité, Web 2.0…

Diconum : Glossaire vidéo sur la culture numérique


 

Ambiance de classe

Découvrez l’interprétation musicale des captures d’attention…

La parole de l’enseignant est symbolisée par le violon, les captures d’attention des élèves sont symbolisées par les percussions.

  • Cours de 5ème1 : 1 enseignant et 6 élèves
  • Cours de 5ème4 : 1 enseignant et 5 élèves
  • 5ème1 : les captures d’attention du siège pivotant
  • 5ème4 : les captures d’attention du siège fixe

Arrangement musical : Quentin Binet

La signification de ces fichiers audio est à découvrir dans mon mémoire professionnel :

Les collégiens et la lecture : 

Le défi de l’attention secondaire à l’ère du numérique


Les collégiens et la lecture : le défi de l’attention secondaire à l’ère du numérique

Résumé : Le passage de la culture du livre à la culture des écrans modifie le rapport à la lecture notamment pour les élèves du collège. L’acte de lire suppose de développer une attention secondaire plus efficiente face aux nombreux stimuli imposés par les écrans. Ainsi, dans une démarche s’inspirant d’une recherche-action, au sein d’un collège REP, des expériences montrent l’impact de l’optimisation ergonomique, technique et méthodologique sur des performances scolaires lors d’une lecture sur écran pour des élèves de 5ème.

SOMMAIRE du mémoire professionnel

Continuer la lecture de Les collégiens et la lecture : le défi de l’attention secondaire à l’ère du numérique